La section Loisir à Autrans le samedi 23 janvier

Le compte rendu « impressionniste »  de Sergio sur la sortie USSE ski nordique à Autrans le samedi 23 janvier après-midi ...

14 heures, parking du foyer de ski de fond.

Autrans 23janvier 1 b

C'est fantastique, tous ces smarties colorés qui déboulent du car à toute berzingue, ça détale comme des lapins, fondeurs, raquetteurs, tous ensemble, tous ensemble, ils foncent attraper au vol la navette , vite, vite,car aujourd'hui, notre princesse adorée, miss neige 2016 n'est pas au top de sa séduction, son sourire est un peu chiche, et puis son manteau est un peu étriqué, bien trop mince, c'est décevant pour la star de la saison. Question poudreuse c'est pitoyable.

Ben oui,y sont tous partis !

Tous ? Que non, que non !

Quatre irréductibles gaulois se frottent les moustaches en souriant. Hé,hé !Rien à foutre de la navette spatiale qui promet le paradis sur la planète Gève, cette Mecque des sportifs, des vrais, et puis pour des petits branleurs dans notre genre, hors de question de supporter la gratifiante promiscuité aller-retour de la sardine bien tassée dans sa belle  boîte,  et de raccourcir ainsi le temps du bonheur...  à l'ombre des jeunes filles en fleur ?

De l'ombre , d'ailleurs il n'y en a pas, non , rien de rien, rien que du bleu là-haut, pas le moindre petit nuage vicieux qui cacherait ce magnifique soleil généreux, merci mon pote, tu me fais un bien fou, et tout ça avec une belle douceur sur la grande piste piétonne absolument pépère qui s'allonge jusqu'au banc de l'Ours. L'appel de la désertitude c'est terrible, personne à l'horizon, rien que nous, quatre pèlerins savourant à pleins poumons ce précieux panorama enrichi de silence. Oh, putain que c'est beau la vie. Et ces longues branches grises, dépouillées de leur feuillage qui se découpent sur le fond d'azur ,impeccable, ça mérite bien une petite photo, non ?

A dire vrai pas besoin de raquettes , et je je suis bien  le seul à les utiliser, mais c'est plus fort que moi, je leur dois bien ça. Depuis l'hiver dernier elles n'ont plus frétillé, elles ont attendu sans se plaindre, et en plus dans le noir, le moment béni de revoir les soleil d'hiver et de caresser la belle neige froide, ces beaux ovales rouge traçant leur marque sur autant de blanc ,avec mes superbes cannes vertes qui marquent la cadence, c'est peut-être ça le chemin du bonheur.

Autrans 23janvier 2a

Toute la progression s'est organisée dans le calme, parfait bien pour un retour, inutile de brusquer les raquettes, et comme le paysage hivernal tient ses promesses, on se fout royalement d'avoir laissé partir la navette et on continue, tranquille, tranquille jusqu'à la bifurcation du banc de l'ours.

C'est alors que les choses se gâtent.

La terrasse du restaurant isolé au fond de cette vallée est fréquentée par ses consommateurs habituels, en pleine zénitude, tout est normal, devant,ce qui l'est beaucoup moins c'est derrière, le raffut, le niveau sonore inhabituel, le tapage diurne, le vacarme, enfin tout ce boucan complètement déplacé, insupportable pour un amateur de nature, et tout ça provoqué par une bande d'énergumènes, je me sens salement agressé et ma petite musique intérieure , qui a vite cessé d'émettre, les classe illico dans la catégorie des nuisibles à éviter. Je sens que la colère n'est pas loin. Mais le sentier passe juste en dessous de la plate forme de la tente indienne qu'on voyait de très loin et on doit s'y engager. Que faire d'autre ? Evidemment ce qui devait arriver arriva, et que je te bombarde de boules de neige, et que je rigole très fort.Bref, des pénibles, des excités. Bien sûr je passe en saluant, mollement à vrai dire, car je ne suis pas dans le partage, c'est surtout pour  montrer que je comprends bien qu'on ait le droit de se défouler,de picoler et de faire la fête, de toute façon dans cinq minutes on sera hors de portée de leurs enfantillages. Enfin, c'était mon souhait.Sauf que Jean -Paul est derrière à faire le zouave en agitant ses bâtons et en rigolant , lui, prend la chose avec une incroyable bonne humeur et c'est seulement alors que je comprends que les cris répétés en choeur sont surtout des invitations vibrantes à venir boire un coup : alors là ,ça change, tout, j'ai un flash, une révélation, faut jamais refuser la main tendue, un cadeau de la vie ça se refuse pas. Je suis ben con. Finalement ce serait trop dommage de ne pas profiter d' un bon moment avec ces joyeux inconnus. Et je fais demi-tour, on fait tous machine arrière ,sauf un. Et sur la plate forme du la grand chapiteau sioux  c'est vraiment un accueil de fou, ils nous mettent à l'aise tout de suite, ce sont des gars vraiment braves qui ont le sens du partage et on va passer un moment incroyable de gentillesse avec ces salariés d'une PME lyonnaise, en vadrouille avec leur patron qui visiblement a oublié d'être con. c'est vraiment l'aventure au coin de la rue. J'en reviens pas que des gars qui bossent ensemble toute la semaine aient encore envie de se fréquenter après le travail. Et surtout le week-end. Casari, qui n'en demandait pas tant est même obligé de prouver son « grand âge » avec sa carte d'identité tellement son look de  montagnard et aussi de loup de mer le rajeunit ; Ils font cercle, le félicitent pour sa bonne forme et on n'en finit plus de se photographier comme de vieux potes. Quelques gobelets plus tard on se sépare dans la bonne humeur et sur le retour on s'émerveille encore d'avoir eu autant de chance, autant d'émotions en si peu de temps. Proust, Marcel pour les intimes, le disait déjà : «  Le vrai voyage n'est pas tant de voir de nouveaux paysages mais surtout de découvrir de nouveaux yeux »

Sergio

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